Les chemins de Saint-Parres aux Tertres

Publié le par Christian Lambart

 

 

 Saint-Parres aux Tertres est à la fin du  XVIIIe siècle un petit village qui s’étire sur un vaste paysage agraire. Les différents lieux-dits, encore connus aujourd’hui comme « Les Fourneaux, «  la Tuilerie  », « le Moulin de Baire »,« le château » et d’autres encore, se situaient à des distances relativement éloignées. Les chemins épousaient les méandres et les déclivités du sol et souvent portaient le nom des lieux qu’ils traversaient ou auxquels ils menaient. Ils n’en constituaient pas moins un élément de la cohésion villageoise.

Le nombre de chemins qui portent le nom de Tertre explique en partie la réalité patroclienne aux temps anciens. Le Tertre est théoriquement un petit monticule élevé, mais également une limite, une borne. L’espace étant à l’origine inondable, les Tertres permettaient, en toute saison, un déplacement à l’intérieur de l’espace paroissial. Ainsi la  commune conservait une certaine cohérence grâce à  ses chemins.

La municipalité avait l’obligation de procéder régulièrement à la vérification et à l’entretien de la voirie communale. Surtout qu’il n’était pas rare de voir certains riverains utiliser le chemin comme une propriété personnelle. Une enquête municipale[1], daté de l’an XIII (fin 1804), recense 27 chemins.

 

 

 

  1. Le chemin du Comte Henri
  2. Le Tertre de justice
  3. Le Tertre séparatif de Saint-Parres.
  4. Le Tertre de la Barse
  5. Le Tertre des morts
  6. Le Tertre du Champ millier
  7. Le Tertre des Nozots
  8. Le chemin de Foicy

 

 

 

 

 

 

  1. Le chemin de la Vieille route
  2. La Voie de Brienne (divisée en trois)
  3. Le Tertre de la Croix du Couchant
  4. Le Tertre des Yats
  5. Le chemin de Laubresel
  6. Le chemin des Chialoups
  7. Le chemin de Moline
  8. Le chemin allant au pâture de Saint-Julien
  9. Ruelle Guilleminot

 

 

 

  1. La ruelle de Chanteriot
  2. La grande rue de Baires
  3. La rue du Pointron
  4. Le Tertre du Pointron
  5. Le chemin Sortant
  6. La ruelle sortant des Vielles vignes
  7. Le chemin du gué
  8. Le chemin du gué
  9. Le chemin conduisant à l’avenue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est difficile de retrouver la géographie exacte de ces chemins. Les infrastructures modernes et les remodelages ont modifié le plan cadastral. Seul l’étude du cadastre permettrait d’analyser les différentes évolutions. Cependant un état de 1853 nous permet d’établir avec plus de précision l’existence de 35 chemins[2] ; le village s’est visiblement doté de chemins supplémentaires depuis la fin de la Révolution. Ces chemins sont devenues des rues même si les noms sont parfois différents. On découvre au fil du document un village rural qui s’étire autour de la route numéro 19 (aujourd’hui N19).

C’est le vieux Saint Parres aux Tertres qui s’ouvre à nous en parcourant ces  vieux chemins dont les noms nous surprennent par leur poésie. Ils font ressurgir une mémoire ancienne, un passé  qui s’efface.

 Le Tertre des Epinottes prend à la croix de Belley pour se terminer à la croix de Baire sur un parcours de 768 mètres. IL  a traversé la route n°19 ( aujourd’hui la N 19) et  effectué un croisement avec un chemin qui se dirige vers Foicy. La route numéro 19 reste déterminante puisque le chemin dit du Belley ou des Fourneaux  y prend naissance pour rejoindre un autre chemin qui conduit à la Vacherie sur une distance de 490 mètres. Du Belley encore, le chemin des Chialoups  vient du pont des Yats. Toujours de la route 19, la Vieille route traverse les marais, sur une distance de 950 mètres, pour se terminer au pont aux cochons. A cet endroit, on trouve également le chemin des près de Troyes qui relie la vieille route à la prairie des Marais. Au grand pont, commence le chemin dit la voie de Brienne. Celui-ci traverse les prés comme un sentier vers le château et prend la direction de la croix de Villechétif et se termine au dit village, sur  2290 mètres. Pour revenir au chemin du Belley (ou des Fourneaux), un autre Tertre des morts (ou champ millier)  longe le lieu-dit des Yats et se dirige vers Belley en traversant la grande route pour se terminer sur un chemin dit de Laubressel. Celui-ci  se termine sur le finage de Thennelière après avoir pris naissance à la route n°19. Thennelière est encore à l’origine du Tertre de la Haie des bois qui sur 1220 mètres sépare, en partie, Saint-Parres aux Tertres et Thennelière de la route 19 au chemin de Laubressel. Le chemin de Laubressel voit également la fin du Tertres des vieux Courteaux et le sentier du Coignier. On distingue également un  chemin de la Croix de Belley qui s’étire à la croix de Villechétif. Dans ce village, aboutit  un chemin des Petits Blancs qui commence derrière l’église de Saint-Parres.

Toujours à la route  19, un chemin dit de la Vacherie se dirige vers la Moline , en traversant le finage de la Vacherie , sur une distance de 1560 mètres. Près du gué de la Moline un chemin dit de la Moline traverse plusieurs propriétés privées pour aboutir à la limite du finage de Saint-Julien. Non loin du gué de la Moline et en vis à vis du chemin de la Moline , débute un chemin de la Mouillère. Il   traverse le sentier du pont au brebis et se termine au lieu dit La mouillère où apparaît  une entrée de la Mouillère sur 30 mètres. Au chemin de la Moline aboutit également le chemin des Monis qui vient du gué de la Massone.  Du chemin de la Vacherie débute le chemin du gué Froment qui se dirige vers le Vouldy et longe à l’extérieur du mur de Foicy sur 950 mètres un chemin appelé des pâtures de Foicy. A partir de  Foicy prend naissance un des chemins essentiel du village : le chemin du Comte Henry. Celui-ci se dénomme également le chemin de la Maladière. Il prend naissance au gué de Foicy pour aboutir sur une butte où il y avait autrefois un moulin à vent. Il coupe le chemin des Vieilles vignes et se dirige vers la ferme du Panay (aujourd’hui une partie de la rue du docteur Roux). Le chemin du Comte Henry donne naissance au chemin dit du Tertre de justice. Il sépare le finage de Saint-Parres et celui de Ruvigny. Enfin le Tertre des Nozeaux vient de la route 19 pour tendre vers Baire aboutit également à ce chemin du Conte Henry.

La Grande rue de Baires commence au bois des Vieilles Vignes et se dirige vers la digue de Baires sur 705 mètres. Baires est un lieu foisonnant de chemins puisqu’à partir de la Grande rue de Baires plusieurs chemins apparaissent. C’est la présence de la ruelle de la Vallée , de la ruelle du Poirier d’Epices. Vers la Barse se détache la rue du Pointeron, la ruelle du gué Pasquier et la ruelle Guilleminot. La rue du Pointeron traverse les Fosses blanches qui n’est pas en 1853 répertoriée comme un chemin. Il y a également un petit sentier de 52 mètres qui prend au chemin de Baires et s’appelle le passage du Croissant.

Plusieurs chemins, dont le nom est significatif pour leur localisation, se succèdent. L’on peut citer le vieux chemin des Perrières, le chemin de la Coulmire et le sentier des Plantes qui traversent les grandes pâtures et se terminent dans les plants du chemin du gué de Baires. Là encore, il faut réaliser une distinction car à l’époque il existe un autre Chemins des Perrières.  Enfin, se dirigeant vers Menois, on trouve la ruelle des Inglées.

 

 

 

Christian Lambart

 

 

 



[1] Arch. dép. de l’Aube, 3 O 2413, état de ventôse en an XIII.

 

 

 

[2] Arch. dép. de l’Aube, 3O2413, état général du 26 octobre 1853.

 

 

 

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