Les Gardes champêtres de Saint Parres aux Tertres

Publié le par Christian Lambart

 

  Le Garde champêtre est un personnage important de la vie rurale.  C’est une fonction qui existe toujours avec ces 600 ans d'histoire dont 210 au service des communes de France …Nombreux sont ceux qui aujourd’hui ont « connu » un Garde. Ce personnage représente la fonction de police et agit par délégation du Maire auquel il doit rendre compte deux fois par semaine. Crée au  lendemain de la révolution, c'est à travers  le garde champêtre et  le Maire que la République s'est incarnée  dans les villages de France. Cependant, c’est une institution ancienne, elle remonte aux temps les plus reculés de notre histoire, c’est en 1369 que le Roi Charles V dit le Sage, créa les premiers « gardes champêtres » chargés plus spécialement de la conservation des récoltes.  Toutefois le corps des Gardes Champêtres n’a été véritablement instauré que par les lois du 28 septembre et du 6 octobre 1791, appelés d’abords gardes messiers puis sergents de verdure, ils devinrent des Gardes Champêtres communaux. A partir de 1820, une certaine stabilité s'instaure dans la mise en place des gardes champêtres qui restent plus longtemps en fonction, vers 1840, connus de toute la population rurale, le garde champêtre, apprécié par certains est décrié par d'autres.

Le Maire publie régulièrement des arrêtés de police et le Garde champêtre doit les faire appliquer. Par exemple le 14 février 1894, la municipalité de Saint-Parres aux Tertres interdit aux laboureurs de contourner leurs champs en passant par les chemins, à moins de les nettoyer. On imagine la difficulté de ce travail pour un homme seul. D’autant que les principaux laboureurs sont représentés au conseil municipal. Au cours du XIXème siècle, la tâche est lourde. Outre les délits de police, le Garde doit assurer la surveillance des propriétés et bien sûr les récoltes. Il contrôle également l’état des chemins, des bois de la commune. Ce n’est pas tout, car à cette époque les troupeaux et les animaux sont fréquemment à l’extérieur. Enfin, il doit veiller aux braconniers et ceci sur un territoire communal assez important. Souvent le poste est occupé par deux personnes car les tâches sont lourdes. On peut établir une liste rapide du travail à effectuer et les lois concernées.

  1. -Police de la pêche ( Loi du 15 avril 1829).
  2. -Arrêtés préfectoraux et municipaux (Loi du 28 juillet 1867).
  3. -Cartes à jouer (Loi du 28 avril 1816).
  4. -Chemin de fer (Loi du 15 juillet 1845).
  5. -Circulation de boissons (Loi du 21 juin 1873).
  6. -Contributions indirectes.
  7. -Douanes.
  8. -Epizooties (Ordon. Du 27 janvier 1815).
  9. -Gendarmerie.- Ordre public.- ( Aux termes du décret du 11 juin 1806, confirmé par l'ordonnance du 29 octobre 1820).
  10. -Huissiers.
  11. -Plantation d'arbres (décret du 16 décembre 1811).
  12. -Poudre à feu (Ordon. du 17 nov. 1819; loi du 25 juin 1841; ordon. du 5 oct. 1842).
  13. -Roulage (Loi des 12, 30 avril et 30 mai 1851).
  14. -Saisie-brandon (Art 628 du Code de procédure civile).
  15. -Sel (Ordonnance du 19 mars 1817).
  16. -Tabac (Loi du 28 avril 1816).
  17. -Voirie (Grande) (Conseil d'État, 1er mars 1842).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celles ci sont des personnes proches du membres du conseil même si, en théorie, on doit demander une enquête à la lieutenance de police de Troyes pour nommer un Garde.

Dans les documents municipaux déposés aux archives, il ne semble pas que la municipalité se  préoccupe de ce détail administratif. Le souci de Saint-Parres semble être de pouvoir conserver un personnel stable et compétent pour un salaire relativement modeste. On cherche en priorité des anciens militaires, ainsi le Pierre Henry en 1811,  le sieur Gobin en 1830, Fiacre Hugot en 1840,Culot-Degoisey en 1846 et Charles Laurent en 1853. Certains seront purement et simplement licenciés. D’autres comme le Sieur Harlot recevra, le 6 mai 1827, la médaille d’honneur pour avoir sauver la vie d’un jeune voiturier qui faillit se noyer avec ses trois chevaux pour avoir passé imprudemment un gué avec une voiture trop lourde.

Plusieurs personnalités apparaissent tout au long du XIXème siècle. Grâce aux archives, il est possible de présenter un petit tableau (non exhaustif) des différents Gardes champêtres de la commune. Très souvent, on nomme deux Gardes champêtres. A plusieurs reprises, on divise la commune en deux. On distingue deux  finages, à savoir celui de Saint-Parres et Baires et  de Baires Saint-Loup. La première partie, était réputée plus difficile et donc mieux payée, car  comprenant la rivière et la ville. D’autres parts, par souci d’économie, il n’était pas rare qu’un propriétaire, membre de conseil municipal, mette son Garde à la disposition de la commune. Ainsi en en 1832 et en 1843, le Sieur Pillard propose, successivement, ses gardes particuliers comme Garde suppléant les sieurs Feugez et Napoléon Meunier. A l’époque, on considérait que le territoire de la commune était tellement étendue qu’il était nécessaire de disposer de deux Gardes. Mais le village n’avait pas les moyens d’en rétribuer deux. Le coût d’un garde était de 207 francs annuels en 1804 et de 300 francs en 1920 (auquel on ajoutait une indemnité de bicyclette de 75 francs).

 

 

 

 

 

 

Christian Lambart

 

 

 

Sources

Archives départementales, 2 O 3211, Gardes Champêtres.

Site officiel des Gardes Champêtres http://perso.wanadoo.fr/fngc/

 

 

 

 

 

 

 

Annexes

 

 

 

Années

Gardes

Mois de nomination

salaire

An X

Claude Gane

Martin Damoiseau

 

 

 

 

 

 

An XI

 

 

 

Claude Collot

 

 

 

François Longuet

Nicolas Gane

 

 

 

 

 

 

An XII

Le sieur Gasse

 

 

 

 

 

 

An XIII

François Velut

 

 

 

 

 

 

1808

Jean Moguet

2 janvier

 

 

 

1811

Pierre Henry

6 janvier

275 francs

1820

Nicolas Harlot

Pierre Hugot

15 décembre (1819)

 

 

 

1824-1825

Nicolas Denizot

 

 

 

275 francs

1826 Denizot

 

 

 

28 mai

 

 

 

1826

Sieur Moslé

Sieur Harlot

 

 

 

175 et 127 francs

1827

Sieur Harlot

 

 

 

 

 

 

1830

Sieur Moslé puis le sieur Gobin

 

 

 

 

 

 

1832

Sieur Gobin

Sieur Feugez

 

 

 

 

 

 

1833

Sieur Harlot

Sieur Dalduc

 

 

 

 

 

 

1837

Sieur Hugot

Sieur Tiffut

 

 

 

 

 

 

1838

 

 

 

Nicolas Harlot

 

 

 

Pierre Hugot

 

 

 

 

 

 

1840

Fiacre Hugot

4 août

 

 

 

1843

Napoléon Meunier

août

Sans rétribution

?

Sieur Nam dit Nazé

 

 

 

 

 

 

1846

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article