Les malheurs de Saint Parres aux Tertres

Publié le par Christian Lambart

 

La vie de Saint Parres n’est pas un long fleuve tranquille et souvent des évènements plus ou moins graves viennent troubler la quiétude du village. De tous les fléaux de la terre, celui de la guerre est le pire. Le village n’est pas épargné et la première moitié du XIX ème siècle laisse aux Patrocliens un goût amer. La commune paie son tribut à la campagne de France et à la guerre qui suivi le retour de Napoléon de l’île d’Elbe.

 

 

 

La campagne de France de 1814 dans l’Aube

Un petit rappel semble nécessaire. Dès le 24 janvier 1814, le maréchal Mortier marche sur Troyes, il quitte Bar sur Aube avec 13000 hommes car il ne peut résister aux 160000 Austro-russes de Schwarzenberg qui arrivent sur lui.  Blucher, quant à lui, est déjà à Brienne avec 60000 hommes. Napoléon avait quitté Paris le 24 et le 26 entre à Saint-Dizier. Il réussit à chasser les Prussiens de Brienne le 29 janvier. Le choc de La Rothière est déterminant et inévitable puisqu’il s’agit de contrôler l’axe de communication vers le nord du département.  Les Français ne peuvent résister à l’attaque alliée. Ils perdent 6000 hommes et 54 canons. Toutefois, la violente contre-attaque de la Jeune Garde sur le centre allié contraint l’ennemi à arrêter sa marche   et permet à l’armée française de se replier non sans connaître des moments de panique. Après  La Rothière , l’Empereur se replie  sur Troyes le 3 février. Il  y restera avec l’armée française jusqu’au 7 février. Pendant que Napoléon est à Troyes. On sait que Blucher marche vers Châlons, Montmirail, Meaux et Paris. Schwarzenberg  arrive de Bar sur Aube. La lenteur des alliés est surprenante. En toute logique, Napoléon s’attend à une attaque sur Troyes. Les alliés pouvaient profiter de leur avantage, opérer leur concentration et frapper durablement l’armée française. C’est pour cela que Napoléon établit un dispositif laissant présager une bataille de grande envergure. Ainsi, Victor concentre la cavalerie du 2ème corps autour de Piney et Gérard reçoit la mission de tenir tous les ponts au nord de Saint Parres aux Tertres. Les équipages et bagages sont déplacés sur la Rive gauche de la Seine. Mortier doit s’installer à Sancey (aujourd’hui Saint Julien les Villas). Ney et Oudinot se positionnent en réserve. Quant à Victor, il doit tenir Creney,  les routes et chemins, pour maintenir la jonction avec Marmont qui lui est à Arcis sur Aube. Napoléon espère la jonction avec les troupes venues d’Espagne dont l’arrivée était escomptée autour du 7 février à Nogent sur Seine, dont la position sur la vallée de la Seine donne aussi un accès sur la route de Paris.

 

 

 

 

 

 

Saint Parres aux tertres et la campagne de France.

 

 

Ainsi en 1814, la guerre touche notre village. Evidemment, il ne s’agit que d’un cas périphérique. Toutefois le Pont de Saint Parres était un lieu stratégique essentiel dans la mise en défense de Troyes. On s’attend même à une grande bataille qui n’aura jamais lieu. Cependant quelques combats et escarmouches associés à l’installation de soldats causèrent des dégâts. Le conflit endommage le presbytère ( que la commune venait d’acquérir en 1812 pour la somme de 6000 francs), la maison d’école et plusieurs habitations. Puis l’ensemble du territoire a été pillé durant deux mois en 1815. Les reconstructions attendront 1818 et coûteront près de 10000 francs. Aucune aide ne viendra de l’extérieur pour ces reconstructions. L’idée d’un dédommagement par l’Etat n’existe pas encore. Cela n’empêchera pas le Maire de cette époque de demander au préfet une compensation fiscale en …1842.

 

 

 

Christian Lambart

 

 

 

Sources Archives départementales 2 O3211 Arrêtés de police.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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