L'école des filles

Publié le par Christian Lambart

 

 

 

En 1875, Saint-Parres aux Tertres compte 643 habitants et près de 50 jeunes filles sont en âge d’être scolarisées, en réalité seulement 39 le sont. La scolarisation des filles n’est pas encore une réalité bien intégrée. Il y a bien des réticences pour la développer en France. Pourtant, l’idée circule depuis le XVIIème siècle. La IIIème République , fidèle aux idéaux de la Révolution Française et de la IIème République , tentera de faire jouer à la femme un rôle de « médiatrice républicaine ». Jules Ferry fera voter le 9 août 1879, une loi obligeant les départements à créer des écoles normales d’institutrice dans un délai de 4 ans. Mais il faudra attendre le 21 décembre 1880 pour que la loi autorise la création de Lycée de jeunes filles et  une école normale supérieure de jeunes filles  qui fut installée dans les bâtiments de l’ancienne manufacture de Sèvres.

 

 

 

Aussi lorsque la municipalité patrolienne décide au mois d’avril de 1875 de louer une maison pour scolariser les filles, on peut dire que notre commune n’est pas en retard par rapport à la situation nationale. La maison louée appartenait à M. Guéniot. Elle était située au hameau des Vieilles Vignes et se composait de deux chambres : « dont l’une sert à la tenue de la classe, et l’autre y attenant de cuisine, un cabinet et une vinée en appentis derrières ces chambres, une chambre à feu et un cabinet au premier, grenier sur le tout, une grange à la suite dans le même corps du bâtiment, une cour au devant du bâtiment au bout de laquelle existent des lieux d’aisance ». En fait, cette maison était celle de l’ancienne école libre. Elle fut louée pour 200 francs/an par après accord de l’inspection académique.

 

 

 

IL faudra attendre le 12 février 1882 pour que la décision de la construction d’une école de filles soit prise. Le choix de l’emplacement est le chemin vicinal de Saint-Parres à Baires sur un terrain qui est vendu par Nicolas Denizot le 27 août 1885 par acte tenu devant Maître Lamaraisse, notaire. Le plan est confié à l’architecte Louis Charles Leclerc et la construction confiée par adjudication à l’entreprise Eugène Finot. L’ensemble comprend un bâtiment destiné au logement de l’institutrice avec un premier étage placé en avant de celui de la classe qui se compose d’un Rez-de-Chaussée comprenant salle de classe, réfectoire et vestiaire. A partir de celui-ci, on accède à un préau couvert sous lequel on trouve les toilettes et en avant de la maison on observe la cour de récréation, ainsi qu’une petite cour de service et un bûcher en arrière de la maison. La réception définitive des travaux aura lieu en juillet 1887. C’est encore la structure du bâtiment actuel. Cependant des agrandissements successifs auront lieu. On assiste à la construction du logement pour l’instituteur. En 1929, la commune construira la classe enfantine et en 1936 ce sera le tour du groupe scolaire de garçons et d’une classe supplémentaire pour les filles.

 

 

 

Christian Lambart

 

 

 

                                                      

Sources Archives départementales de l’Aube 2 O 23 12

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