La libération de Saint Parres aux Tertres

Publié le par Christian Lambart

25 AOUT 1944- 25 AOUT 2004.

 

La libération de Saint-Parres aux Tertres s’inscrit dans le contexte de la Libération de l’agglomération. Nous pouvons retracé, ici, les principaux éléments de cet événement historique.  

 

Dès le 22 août, les sabotages et les bombardements alliés alourdissent le climat. Du 6 juin 1944 au 1er août, on compte quelques 234 sabotages ferroviaires, 172 agressions contre des collaborateurs et 893 attentats. Puis le 3 août, c’est le bombardement du nœud ferroviaire de Saint-Julien, le 7 de la batterie DCA de Creney, le 8 du pont de Bernières et le pilonnage de Creney ; enfin le 17, de la batterie de Brienne le Château.

Si les autorités d’occupation évacuent progressivement la cité, l’armée allemande reste sur place avec l’intention de se défendre. L’état major allemand organise une retraite générale car elle sait que la bataille de France est perdue. Ainsi il lui faut éviter l’encerclement et conserver une route vers les Vosges. En effet, elle est poursuivie par les armées alliées qui remontent de l’Ouest et de la vallée du Rhône.

 Le département de l’Aube, ainsi que ceux de la Marne et de la Côte d’or, prennent une importance capitale. L’état major allemand décide de la mise en défense de la ville et utilise pour cela des troupes qui remontent de la région parisienne et du Centre dont l’Afrika-Korps entre Châtillon et Chaumont. Le général Von Schram, commandant du secteur, installe une défense en profondeur qui s’appuie sur une double ligne de défense. La première ligne débute au Haut clos pour rejoindre Les Charteux, la Seine à Saint-Julien, le digue de Pont-Hubert, Pont-Sainte-Marie, le moulin de Fouchy, l’église de la Chapelles , les Noës, Chanteloup et Echenilly. La deuxième ligne prend à Rosières et rejoint Bréviandes, Villechétif, Creney, Lavau, Barberey, le croisement de la route de Montgueux, la ligne de Sens, la fontaine Nagot, le croisement de la route nationale entre Saint-André-les-Vergers et Saint-Germain. Les forces allemandes dans la ville sont d’environ 3000 hommes en majorité issus de la 51ème brigade de Panzergrenadier SS et 12000 entre Saint Lyé et Bréviandes. Le poste de commandement est à l’école normale et deux groupes SS sont installés avenue Pasteur et aux établissements Gilliers, rue de la Mission. Quelques batteries d’artillerie sont installées rue de l’Isle, au palais des Sports et à Saint-Julien. Le 21 août, des unités SS prennent position sur le boulevard de Dijon. Le lendemain, la Milice occupe l’Hôtel de ville. Parallèlement les ponts de l’agglomération sont minés.

Tandis que les SS procèdent à l’évacuation de la Rivières de Corps, de Torvilliers, de Sainte Savine et d’une partie de Saint-André-Les Vergers. Il apparaît que la Gestapo tente d’installer un climat de terreur dans la ville pour que la Résistance et la population restent calmes. C’est l’épisode tragique des fusillés de Creney. La Gestapo de Rennes vient chercher 49 détenus à la prison Hennequin de Troyes sur le prétexte de creuser des tranchées. Ces 49 hommes seront fusillés. Autour de la ville, on compte plusieurs massacres dont Buchères et Précy-Saint-Martin.

En tout état de cause , la libération de la ville ne s’annonce pas comme une promenade de santé. Les troupes allemandes sont présentes et disposent d’une artillerie importante. On compte près de 80 canons dans le secteur de Romilly. La IIIème armée américaine du général Patton  se divise en deux colonnes après Orléans, la 4ème division reçoit  l’ordre de prendre Troyes. Celle-ci  est commandée par le général Bruce C. Clarke. Sur le plan stratégique, il est clair que la mission de l’armée Patton est de s’enfoncer dans le système défensif allemand pour l’empêcher d’être opérationnel. La vitesse devient donc un élément déterminant dans un gigantesque mouvement en tenaille qui doit se terminer à Troyes. Ainsi la branche principale de l’armée Patton se dirige sur l’Aube. A Villemaur, elle se divise en deux, le groupe Oden doit franchir la Seine par le nord et le groupe West doit s’emparer de la ville et sécuriser les ponts. Pendant ce temps là, une colonne plus légère de l’armée Patton  occupe Nogent sur Seine, puis Romilly. La manœuvre  d’encerclement se déroule sur deux échelles et paralyse la défense allemande qui manque de soutien aérien et est assez mal équipée en liaison radio. Les américains jouent donc sur la surprise et la désorganisation due à l’action de la résistance.

La résistance auboise va jouer un rôle dans l’action militaire qui s’engage. Les FFI du commandant Montcalm tiennent solidement le triangle formé par les routes de Troyes, Belfort et Saint-Florentin. Un bataillon s’engage dans le pays d’Othe. Une compagnie franche se tient en réserve près de Buchères. Les FTP du commandant Deglane prennent position dans l’espace compris entre les routes de Saint-Florentin et Sens. Ils procèderont au « nettoyage » des îlots de résistance allemande dans le secteur de la forêt Chenu. Les commandos M du commandant Yvan reçoivent les parachutistes canadiens et doivent couper la retraite à l’ennemi et protéger les ponts de l’Aube de Précy saint Martin à Arcis sur Aube. Ils reçoivent l’appui de l’aviation américaine pour agir efficacement.

Le 25 août, une première colonne arrive de Montgueux et pénètre par les Noes et les Marots… Les américains lancent à grande vitesse les chars suivis de half-tracks dans la ville afin de surprendre l’adversaire et éviter le piège du combat de rue. Cependant les Allemands parviennent à décrocher. Les officiers allemands connaissent leur métier. L’état major allemand sait que la bataille de France est perdue et que l’essentiel est le repli en bon ordre en s’appuyant sur quelques axes de communications.

 

 

 

Archives de l’Aube 37 fi 54

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article