La mémoire de Pierre

Publié le par Christian Lambart

 

 

 

 

 

 

 

Clichés C. Lambart oct. 2005.

 

 

 

« Demain s’élèvera au cœur de l’Aube, le Monument départemental à la mémoire de nos morts de la Résistance et de la Déportation qui sera aussi le Monument à la gloire de tous ceux qui, dans les circonstances les plus diverses, sur notre territoire et partout dans le monde ont servi un Grand Idéal et se sont acquis de ce fait l’hommage fidèle des vivants et le droit à la reconnaissance éternelle de la postérité »

 

 

 

                                                     

Pierre-Marcel Wiltzer

 L’ouvrage de Serge Barcellini et d’Annette Wiéviorka classe les lieux de souvenirs de la Résistance et de la Déportation. On distingue plusieurs thématiques. A savoir, les éléments liés à l’année 1940, les Polonais, les prisonniers de guerre, les Malgré nous, De Gaulle, Jean Moulin, La Résistance , la répression, la Déportation , les requis du STO, les souvenirs du génocide et les Actions de grâces.

Les différents acteurs de la  mémoire de pierre sont les familles, les anciens combattants et leurs associations, les collectivité locales et l’Etat. L’initiative vient rarement des pouvoirs publics a moins d’un engagement clair.

Municipalités et associations restent les acteurs essentiels. Les lois en vigueur sont multiples. Il y a d’abord la loi du 2 juillet 1915, modifiée par la loi du 28 février 1922. Un décret du 12 avril 1946 (modifié et précisé en 1968) fixe les conditions d’apposition des plaques. A partir de 1982, c’est le Maire qui peut décider. Auparavant c’était le Préfet pour un Français et le Ministre de l’Intérieur pour un étranger. L’essentiel des plaques, stèles et monuments sont installés avant 1950. Si l’on doit définir un monument type, c’est la stèle rendant hommage aux morts sur le site. Parfois, c’est sur la maison de naissance ou d’habitation. Il y a plus rarement des monuments portant une sculpture.

En théorie, l’entretien des stèles revient à leur créateur, souvent la municipalité ou le Souvenir français prend le relais.

 

 

 

 

 

 

Un monument est un témoin de pierre et le reflet d’une mentalité. Il est souvent très simple d’aspect. Le manque d’argent, mais aussi le choix esthétique et la volonté égalitaire expliquent la simplicité de la plupart des monuments. Il y a des monuments de diverses formes et de diverses origines dans la plupart  des communes de France. Souvent, elles ont choisi des simples stèles de pierre.

C’est surtout la Grande Guerre qui a imposé ce devoir de mémoire. L’essentiel était de glorifier les morts tombés pour la Patrie dans leur village alors que la plupart des hommes étaient enterrés dans des cimetières militaires ou dans l’anonymat d’un ossuaire national. Cependant, si nous constatons que l’essentiel des monuments aux morts concerne la Grande guerre, tous les monuments aux morts ne sont dédiés aux morts de 1914-1918. A Troyes, par exemple, le Monument des Enfants de l’Aube concerne les morts de la Guerre de 1870.

L’idée de laisser une trace aux soldats tombés, date du XIXème siècle. Ce sont les tueries des guerres de la Révolution et de l’Empire et le développement des différents services militaires qui créent les conditions morales à l’établissement de monuments. Ainsi, l’ordonnance royale du 10 Juillet 1816 autorise la Monarchie restaurée à apprécier les « services rendus à l’Etat ». Dès l’origine, l’Etat cherche à contrôler la glorification des morts et fixer les règles. La Grande Guerre change la donne. Alors que la guerre n’est pas terminée, l’opinion fait connaître sa volonté. Dès 1916, Jean Ajalbert publie un ouvrage dont le titre pose la question : « Comment glorifier les morts pour la patrie. Enfin des associations fleurissent avec pour but de financer des monuments commémoratifs, dont la Reconnaissance nationale. La guerre terminée, il est difficilement possible de résister à la volonté de l’opinion tant le sacrifice de la jeunesse du pays a été important. Puis la loi du 25 octobre 1919 sur la commémoration et la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre vient poser les règles. La loi n’est pas répressive. Elle cherche surtout à encadrer et aider les commune. Cette loi sera complétée par la loi de finance du 31juillet 1920. On fixe à cette occasion une subvention.

 

 

La Libération a vu naître un profond désir de commémoration. Les année 1945-46 furent prolixes en monuments sur les hauts lieux de la Résistance et des martyrs de l’Aube. On peut citer par exemple Montgueux, 8 juin 1946, La Lisière des Bois le 22 juin 1947 et encore Mussy le 16 septembre 1946. Il est vrai qu’il y a un intense désir de commémoration. Mais si chaque maquis, chaque réseau, chaque famille parviennent à s’entendre, l’idée d’un monument à tous les Combattants, Résistants et Déportés de l’Aube reste un projet plus difficile à mettre en œuvre et il faudra près de 10 années pour y parvenir réellement et surtout l’impulsion décisive d’un homme : le préfet Wiltzer.

 

Un monument de la Résistance auboise ?

 

 

 

Un premier comité d’érection du monument

 

Un premier comité d’érection fut mis en place à l’automne 1947. Selon le préfet Wiltzer, l’idée germe au sein de la FNDIRP   présidé à l’époque  par Henri Curin, et d’emblée l’idée reçoit un accueil chaleureux des composantes de la Résistance et de la Déportation. Un comité provisoire est mis en place et obtient facilement le soutien du Préfet Rix. Plusieurs projets voient le jour et également des polémiques sur les lieux, les styles et les projets. Pendant ce temps, le comité s’élargit et devient définitif, avec en appoint un comité d’honneur composé de personnalités représentant les autorités civiles, militaires et religieuses.

Les personnalités de ce premier comité sont :

 

 

 

Henri Curin

Hubert Danésini

Joseph Vantalon

Bernard Siret

Jean Piquemal

Henri Terre

Roger Paupe

Gabriel Thierry

Gabriel Manser

Camille Duval

Hugues Portailler

Hervé Mathieu

Marcel Noël

Mme Jean Hoppenot

Germain Rincent

Roger Guerry

Roland Nicolas

Le Commandant Poirier

Mme Denise Jeanny

Jean Puissant

Pierre-Jean Guth

Pierre Thiebault

Henri Petel.

 

 

 

Le lieu choisi sera l’extrémité du jardin de Chevreuse. Ce choix sera officialisé par une délibération du conseil municipal daté du 21 avril 1950. Ensuite, il s’agit de constituer le dossier d’agrément de la commission Centrale des Monuments Commémoratifs et d’obtenir l’autorisation ministériel. Le début de l’année 1951 est consacré à la déclaration de l’association qui sera effective le 4 juillet 1951. Enfin un concours d’architecte est lancé et le projet sera confié à Jean Veyssière. Le premier projet retenu, assez proche dans sa conception de l’actuel portait l’inscription « Vivre libre ou mourir ».

 

 La presse se fait écho de l’événement. Est-Eclair du 16 mars 1951 : « Un mur grandiose et brutal. Grâce à une utilisation totale du terrain, il s’impose par sa masse comme le souvenir impérissable de nos disparus et sert de fond au groupe allégorique. Un déporté, vidé de sa propre vie, l’air profondément las, accueille la mort comme une délivrance. Par opposition, le résistant est frappé brutalement en pleine force de l’âge »

 

 

 

Puis les réunions s’espacent. Le problème du financement se pose. Malgré tout, un contrat est signé avec Maurice Veyssière, entrepreneur de Pompe funèbre, pour le terrassement. Un deuxième concours est organisé pour le choix des sculpteurs. C’est Jean-Charles Lallement qui remportera la majorité des suffrages. En définitive les deux hommes choisis ne sont pas des inconnus. Jean Veyssière(1925-1961)  est le fils de Maurice Veyssière (1898-1964) et Jean-Charles Lallement est le neveu  d’Alphonse Guery, ancien Conseiller Général de Chavanges ( également l’auteur du monument de Nîmes et de Tarbes. Né en 1914 à Paris, mort dans un accident de la route en 1970.Sculpteur statuaire. Ancien élève de l'École Boulle et des Beaux-Arts de Paris. Disciple de Bouchard, Wlérick, Maillol pour la sculpture, de Dropsy pour la gravure. Grand Prix de Rome de sculpture)

 

Parallèlement le décret est signé par Antoine Pinay sur un devis de 11384000 F. L’ensemble devait être couvert par une souscription publique. Puis les difficultés vont commencer. La souscription ne rapporte que 567000 F. les polémiques sur l’emplacement et sur l’inscription reprennent. Et, un constat d’échec se précise à l’horizon. 

 

L’arrivée du Préfet Wiltzer change tout. Le comité se réunit le 5 février 1954. M. Curin devient président d’honneur et la présidence active est confiée à Henri Terré, tandis que le Préfet en assure le patronage. Plusieurs Vice Présidents sont désignés. A savoir MM Gabriel Thierry, Hubert Danésini, Roger Paupe et Gabriel Manser. Le 10 juillet 1954, se tient une réunion dans le cabinet du préfet et on décide de faire réduire le prix à 10 millions. Entrepreneur et artiste acceptent de revoir leur devis, non sans réduire l’épaisseur des revêtement arrière. Une nouvelle réunion se tient à la préfecture en présence des parlementaires MM Alric, Patenôtre, sénateurs et MM André Mutter, Germain Rincent, Marcel Noêl et Louis Briot. Ceux qui n’y étaient pas, entrent dans le comité ainsi que M . Veyssière tandis que M. Bernard Siret le quitte.

 

 

 

Henri Curin

Hubert Danésini

Joseph Vantalon

Bernard Siret

Jean Piquemal

Henri Terre

Roger Paupe,

Gabriel Thierry

Gabriel Manser

Camille Duval

Hugues Portailler

Hervé Mathieu

Marcel Noël

Mme Jean Hoppenot

Germain Rincent

Roger Guerry

Roland Nicolas

Le Commandant Poirier

Mme Denise Jeanny

Jean Puissant

Pierre-Jean Guth

Pierre Thiebault

Henri Petel.

 

 

 

Pour des raisons, à la fois de désaccords et d’économie, on décide de se rallier à l’idée de M. le Préfet et de ne pas inscrire de noms sur le monument (700000 F.). Mais le débat portait sur deux points de vue.

 

« Ceux qui, primitivement ne voulaient voir dans ce monument que l’hommage rendu aux Morts de la Déportation , n’acceptaient qu’avec réserve qu’y figurent les noms de tous les combattants et Martyrs de la Résistance  ; ceux qui souhaitaient que ce Monument rappelle aux vivants l’œuvre émouvante et les sacrifices de la Résistance y voyaient difficilement figurer les noms des victimes civiles, les noms de ceux qui, sans être morts sous le signe de la Résistance même, avaient été massacrés, victimes innocentes, fusillés ou sacrifiés pour une cause évidemment patriotique et nationale et qui étaient tout de même des victimes de cette guerre »

 

 On pouvait ajouter le problème des morts de 1940 sous l’uniforme et des combattants de 1944 sous l’uniforme de la 1ère  armée. Ainsi la sagesse fut de construire un monument anonyme où toutes les victimes pouvaient se reconnaître.

 

 Enfin, la question du financement fut abordé. On décide de la mise en place d’une loterie ; étant entendu que le conseil général et la ville de Troyes subventionnèrent à hauteur de 1 million de Francs.  La loterie devait avoir l’autorisation du Préfet, des ministères de l’Intérieur et des finances. Après quelques problèmes techniques et administratifs, M. Terré organise un planning d’une manière à ce que le monument soit prêt pour septembre 1955, ce qui avait l’avantage de se situer dans le dixième anniversaire de la fin de la guerre. Le sculpteur est invité à avancer l’argent des pierres.  Libération-Champagne et l’Est-Eclair s’engagent à suppléer provisoirement la trésorerie en cas de besoin.

Le travail de loterie est important et on se propose d’acheter deux voitures et plusieurs scooters. On sollicite les municipalités, le département, les bureaux de PTT, de la Trésorerie , des banques, des écoles et des débitants de tabac. On propose aussi à des commerçants et autres succursales de vendre des billets. Enfin les industriels du département acceptent de mettre dans l’enveloppe du département un billet de 100 Francs ce qui représentait un total de 30000 billets d’un seul coup. Un gros travail est effectué par le cabinet du Préfet. Le 2 décembre 1954, le Préfet tint une conférence de presse et obtint le soutien des journaux du département.

La loterie résout donc le problème financier et l’on peut mettre un planning de mise en chantier et de paiement. Une somme de 1000000 F. sera versée en Janvier, puis en mars, en Mai et enfin en septembre de l’année 1955 et ensuite le versement du solde. Le chantier doit débuter en Décembre 1954.

Les lots : sont une voiture vedette Versailles, une berline Aronde et cinq lambretta, sans oublier une cyclorette Terrot et trois bicyclettes de la même marque. Dans la foulée, plusieurs industriels, commerçants, banques et municipalités sont sollicités pour apporter un concours dans la vente des billets. Il ne faut pas oublier non plus les « prospecteurs » de lots, divisés en deux groupes,  MM Danésini et Mathieu et MM. Petel et Cayrel.

 

 Le 8 mai 1955, un Gala de la Résistance dans la salle des Fêtes de l’Hôtel de Ville de Ste Savine (avec aucune place gratuite) clôtura la loterie. C’est M. Bentz, boulanger à Messon qui reçut la Versailles et M. Fontaine, instituteur l’Aronde.

Puis la ville de Troyes et surtout le comité vont vivre au rythme de l’avancement des travaux. L’Est-Eclair du 27 septembre 1955 publie un article « Les travaux d’érection du monument de la Résistance et de la Déportation se poursuivent à cadence accélérée »

 

 

 

La mise en place.

 Le 13 mars 1955, le comité d’érection et la municipalité choisissent comme emplacement le jardin du rocher face à la fontaine Argence, appelé à devenir un lieu symbolique. Le choix est judicieux car dans le prolongement des promenades troyennes, un nombre important de passants le côtoie. Il complète, sans lui faire concurrence, le monument des Enfants de l’Aube situé face à la gare. Celui-ci avait été construit en 1890 et inauguré le 22 juin de cette même année. Le centre ville est ainsi enserré de deux lieux de mémoire.

 

 

Tout l’espace est consacré à la Résistance et à la déportation. Il n’y a aucune inscription faisant mention d’autres conflits. Devant se trouve la place Jean-Moulin et derrière la place des Martyres-de-la-Résistance. C’est aussi un lieu culturel (entouré de jardins) au croisement de l’espace Argence et des théâtres de Champagne et de la Madeleine.

 

Ils créent un mur vertical de 15 mètres de long avec un bas relief de 60 m2.

 

 

 

 

 Clichés C.Lambart

 

 

 

Le mur : on distingue les quatre registres, en haut la souffrance, l’oppression et la Déportation , au centre les combats et la Résistance , enfin l’occupation est ses souffrances en bas une symbolique animalière. La gauche est consacrée au mal et à la souffrance et la droite au bien.

 

 

 

Ce monument exprime des styles différents puisque les statues s’imposent dans un style monumental proche de celui des états totalitaires. Nombre de personnes n’avaient pas apprécié le style des statuts, plus tard les lycéens « honoreront » les parties intimes d’une couleur rouge. A l’occasion du nettoyage, la taille fut sérieusement diminuée. Le bas relief rappelle, quant à lui, les frises coloniales des années 1950.

 

 

 

La fresque est composée de 27 cartels dénonçant l’oppression nazie, rappelant les souffrances de la déportation et l’engagement des résistants. La fresque se lit de gauche à droite. Celle-ci est divisée en quatre registres. Celui du haut concerne la souffrance de la déportation, puis apparaissent dans l’ordre la lutte militaire et la Résistance. La colombe de la fresque, aux lignes simplifiées et épurées, est d’inspiration contemporaine. Elle représente la paix menacée. Le doigt symbolise l’Allemagne nazie menaçant la paix. Juste au dessus, l’oppression nazie.

 

 

 

 

 

 

La colombe étouffée.

(Elle symbolise la paix écrasée)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la base figurent un cheval, un taureau et une salamandre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cheval est l’incarnation de la force et il est le symbole de la vie et de la continuité, tandis que le taureau représente la victime innocente qui se retrouve souvent au centre d’un jeu sanglant où la mort est la seule issue. Il y a, ici, une influence de Picasso et de la toile Guernica. La Salamandre , quant à elle, est capable de vivre dans le feu et symbolise le triomphe des idées qui ont résistées au nazisme.

 

  Un premier cartel fait allusion au Victory Program, on distingue les Liberty Ships et les avions qui amenaient le matériel à la Résistance. A côté de l’œil de la conscience, les maquisards surveillent, combattent et portent secours aux blessés. En bas à gauche, à côté d’une pieta, un hommage est rendu aux femmes dans la Résistance. Au dessus du « V » de la victoire et de l’aigle allemand transpercé, figurent les attentats commis par la Résistance. Puis on aperçoit les Américains et l’effondrement nazi

 C’est la Vierge de douleur, elle symbolise toutes les femmes, mères, épousent qui pleurent les hommes morts aux combats, en déportation et sous la torture.

 

 

 

 

Les autres symboles :

            Le V de la victoire

            Les chaînes

L’œil et les maquisards, il voit le mal allemand, c’est la conscience de l’homme tandis que les maquisards s’affairent au comble

Le Glaive et le Laurier

            La main ouverte

 

 On distingue également une série de représentations résumant l’époque et les souffrances.

Le monument est dédié au devoir de mémoire et chaque élément porte une charge symbolique. Deux statues placées devant le côté gauche du monument sont dues à Jean-Charles Lallement. Le gisant, sculpté à l’origine dans un bloc de 15 tonnes, pèse aujourd’hui 6 tonnes. Il symbolise la déportation et ceux qui se sont sacrifiés pour la Patrie. L ’homme debout, quant à lui, symbolise la Résistance. C ’est un appel à la vie, au devoir de mémoire car il faut que les générations nouvelles continuent à être vigilantes. La phrase « Médite et souviens-toi » est une invitation à réfléchir sur les leçons de l’histoire. Ainsi, aucun nom ne figure sur ce monument. C’est un choix original,  dont le but était de rendre hommage aux morts de la déportation et des combattants de la Résistance , tout en rappelant aux vivants l’œuvre émouvante de la Résistance. Un seul et grand monument pour le sacrifice anonyme des uns et des autres.

 

Le devoir de mémoire

 

Le monument est inauguré les 12 et 13 novembre 1955. Deux journées, une pour le souvenir, une pour l’inauguration.

Plusieurs temps forts symbolisent ces cérémonies. Tous ayant une signification mémorielle. Les cérémonies débutent au monument des enfants de l’Aube, où une flamme allumée sous l’Arc de Triomphe de Paris est entretenue pendant 2 jours. La population est appelée le 12  à 15h00 au monument des Enfants de l’Aube, c’est à dire à l’heure de la signature de la Capitulation nazie. Les 445 communes du département sont invitées à faire de même. C’est à dire lire  l’appel du 18 juin, l’ordre du jour n°9 du Maréchal de Lattre de Tassigny et le discours préfectoral. Puis une série d’itinéraire (accompagné de la Flamme ) sur les hauts lieux de la Résistance auboise et des différents monuments patriotiques aubois.

Ainsi  

 

Creney vers 22h35

            Montchaud 22h40

            Trou de Chirac 22h45

            Buchères 22h50

            Montaigu 22h55

            Rigny la Nonneuse 23h

            Précy saint Martin 23h5

            La Lisière des Bois23h10

            Mussy-Grancey 23h15

 

Dans chaque lieu, le cérémonial est le même. Pendant que la Flamme arrive dans le silence de la nuit. Le ban est ouvert, les armes présentées et les discours sont lus. Le soir à 23h 25, toutes les Flammes venues des hauts lieux de la résistance se réunissent au Monument des enfants de l’Aube. L’Idée, c’est la confusion des flammes. Puis toutes les flammes sont réunis auprès de la  cendre des camps et de la terre des maquis.

Ensuite, la Flamme sera transportée devant le monument de la Résistance et de la Déportation. C ’est une manière de relier tous les combattants des guerres franco-allemande.

 

La cérémonie du 13

 

Le matin, les délégations viennent déposer des fleurs, puis viennent les cultes officiels (israélite, protestant et catholique). Vers midi, il y a une grande réception à la Mairie de Troyes suivi d’un  déjeuner dans la grande salle des fêtes de l’Hôtel de Ville. L’inauguration proprement dite a lieu l’après midi. Il y a l’arrivée des officiels. Tout le monde se regroupe au pied du Monument des Enfants de l’Aube. Le temps fort consiste au transfert de la Flamme et des Urnes vers le monument de la Résistance.

Une cérémonie minutée car le dévoilement  devait coïncider avec le survol d’avions qui décollaient de la base aérienne de Reims. 

 

 

 

Les Urnes.

 

Une  contenant les cendres des déportés et de la terre des camps de concentration est placée au pied du gisant. La terre, mêlée de cendre, a été ramené, par les « milles pèlerins français » partis à Buchenwald. Celle-ci fut mélangée à la terre des autres camps. Il y eut 90 urnes, une pour chaque département français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une autre contenant de la terre des 9 hauts lieux de la Résistance auboise. A ce sujet, il y a une exception dont ma fait part M. Gilbert Couillard, car s’agissant du maquis de la Lisière des bois. M. Baudiot a invité les membres du comité venu chercher la terre à la prendre dans un champ au lieu dit « les Marguenat ». Il s’agissait du lieu ou avait été déposé les corps des victimes du maquis en attente du service anthropométrique de la préfecture représenté à l’époque par M. Hervé Mathieu. C’est donc dans la fosse que la terre fut prélevée. 

 

 

 

Les deux Urnes sont déposées et scellées. Le tout évidemment devant une foule nombreuse et un dispositif militaire impressionnant,  des discours des personnalités de la Résistance et politique du département. Le soir, c’est l’embrasement du monument et le défilé des troupes. Après le départ des différents cortèges avec différents itinéraires. Le soir, il y a un feu d’artifice et un bal à l’Hôtel de Ville. Depuis ce monument est un lieu de commémoration.

 

 

 

La cérémonie est close par une chorale de 700 enfants qui entament Le Chant des partisans.

 

 

 

 

 

 

www.fndirp.asso.fr/chantpartisans.htm

 

 

 

 

 

 

Financement

 

 

 

M. Lallement fixe ses prix selon la base des prix de sculpteur statuaire arrêté par le Congrès national des sculpteurs statuaires professionnels créateurs

1m2 320.000F.

2m2 290.000F.

au delà de 2m2 270.000F.

La surface de la fresque étant de 56 M2le prix revient à 15.190.000F.

Les statues reviennent à 1.800.00 F.

 

 

 

 

 

 

En tout le sculpteur demande 5millions d’honoraire, il estime faire un rabais de 15 millions

 

 

 

Mais en fait le projet initial était prévu à 12 millions et après entente avec les maîtres d’œuvre ramené à 10 millions de Francs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            « Qu’ils soient de pierre, de marbre ou de bronze, qu’ils soient dus au ciseau d’un grand artiste, dont ils immortalisent le Génie, ou à l’art naïf d’un modeste artisan, ces monuments sont là pour affirmer la communion de pensée des Français, unis dans leur gratitude à l’égard des disparus, comme ils furent unis au combat, comme ils seront unis, en dépit des divergences secondaires, chaque fois que la patrie ou la Liberté seront menacées » Pierre-Marcel Wiltzer

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Une passion l'Aube

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