Un adolescent dans la tourmente

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Un témoignage vient d’être publié…

 

Gilbert Couillard, Un adolescent dans la tourmente. De la Résistance en forêt d’Othe, Nîmes, comédia, 2011, 100 pages.

 

Un adolescent dans la tourmente. De la Résistance en forêt d’Othe.Il y a longtemps que l’on attendait le témoignage de Gilbert Couillard. Après avoir sillonné les établissements scolaires dans le cadre du Concours National de la Résistance, où son franc-parler, sa sincérité « scotchait » les élèves, il donne une dimension supplémentaire à son propos. Il livre à tous sa vie de résistant. Son récit, c’est son vécu et rien d’autre ! Même si, parfois il se réfère à quelques documents d’archives et les critiques, c’est pour justifier son propos. Mais sa méthode se justifie, car il est témoin direct et acteur. Il est, et avec conscience, une source. La mémoire orale n’a de légitimité que dans ce cas précis à l’exclusion de tous les autres. Le devoir de mémoire appartient à l’acteur, au-delà c’est le domaine de l’histoire. La mémoire orale, ici écrite, devient un document historique. Il se différencie du travail de l’historien sans s’y opposer car l'histoire est une science par sa rigueur et sa recherche des faits, mais elle est une science indirecte, incapable de percevoir directement les faits. « Il ya une différence incontestable entre celles-ci et les récits d’historiens, d’écrivains ou de ceux qui prétendent nous succéder, qui récitent les leçons qu’ils ont apprises par la lecture pas toujours exacte des faits, sans en connaître les anecdotes ou des détails qui ont leur importance ».L'essentiel de la méthode de l'historien consiste donc à interroger et comparer des documents et les témoignages des événements du passé pour tenter d'en tirer les indices nécessaires à en identifier la chronologie, à en expliquer les origines, et si possible éclairer l'action des personnages du passé. L’historien ne peut pas rendre compte d’une vérité absolue, il peut juste rendre compréhensible un passé, voir interroger celui-ci.  L’histoire totale n’existe pas. Ainsi Gilbert Couillard rend service aux historiens et surtout aux jeunes élèves qui prépareront le Concours de la Résistance. C’est un témoin au sens noble du terme. Au travers se son discours, c’est une génération d’homme qui s’exprime.

Il ne dit pas ce qu’il a entendu, pas ce qu’on lui a raconté. Gilbert Couillard sait bien que le témoin du témoin n’a aucune légitimité en dehors d’un travail scientifique sérieux et documenté. « avant de fermer les yeux et en tant qu’ancien résistant, pour le respect de ceux qui ont donné leur vie ou surtout, ont risqué leur vie pour notre liberté, et maintenant que les véritables pionniers de la Résistance disparaissent, il m’est difficile d’accepter les affabulations de ces « résistants de la dernière heure » qui s’octroient des faits emblématiques légèrement politisés, frôlant la calomnie, le négationnisme et le mensonge. »

 

M. Couillard avait 18 ans en 1943 et habitait un petit village aubois d'une trentaine d'habitants: St Mards-en-Othe. Il habitait la ferme familiale. Fréquemment des personnes venaient voir son père, chef départemental du Bureau des Opérations Aériennes (BOA), et un jour il a découvert des tickets d'alimentation en grand nombre dans sa ferme. C'est alors qu'il s'est douté que son père était résistant et qu'il devait suivre ce mode de conduite. Mais ce n'est pas là sa seule motivation pour se tourner vers la résistance, le manque de liberté comme le couvre feu, l'interdiction de se rassembler, l'interdiction de faire la fête…, les réquisitions, les privations… ont également poussé M. Couillard à résister.

 

Ses premiers pas de résistant, il les a faits pour aider son père : il transportait de temps en temps des papiers au compte du BOA. Par la suite, il a été affecté à la surveillance de la 5eme colonne (réseau d'espionnage à la solde des allemands composé essentiellement de Français) puis à la recherche de nouveaux terrains pour le parachutage. Trois terrains ont été homologués par le BOA autour de St Mards, pour cela il fallait qu'ils soient faciles d'accès, plats, entourés de bois pour se dissimuler, larges de 200 à 250 mètres et longs de 500 à 800 mètres.

Ensuite, il s'est occupé de recevoir les parachutages.

En tout, 17 parachutages ont été effectués sur la zone de St Mards-en-Othe pour récupérer jusqu'à 45 tonnes de matériels

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Doré Odile 25/07/2015 17:00

Bonjour;
Passionnée d'histoire locales de la guerre
Je désire acheter le livre de Gilbert Couillard "Un adolescent dans la tourmente"
Merci d'indiquer le chemin à suivre pour trouver ce livre
Cordialement
Mme Doré
Tel : 03.25.49.23.06