L’Europe de la diversité (2)

Publié le par Christian Lambart

 

 

"En essayant continuellement on finit par réussir. Donc: plus ça rate, plus on a de chance que ça marche"

Jacques Rouxel (illustrateur 1931-2004)


L’EUROPE : UN ETAT D’ESPRIT INITIAL

L’Union européenne est un regroupement volontaire d’États autour d’un projet durable qui vise à long terme à une union politique sur des bases économiques.

Les principes fondateurs

En 1945, l’Europe est seule face à son destin et coincée entre deux grandes puissances qu’elle a contribuées à créer. L’armée rouge occupe la moitié du continent. Les Etats Unis, soucieux de retirer leurs « boys » contribuent à la réorganisation économique (OECE) et militaire (OTAN). Le continent ne semble plus maître de son destin. C’est dans ce contexte que plusieurs initiatives voient le jour.

Dès la fin de la guerre, plusieurs mouvements se mirent en place. Des personnalités de premier plan étaient les militants de cette Europe.  Winston Churchill, auteur d’un discours célèbre à l’Université de Zurich le 19 septembre 1946, mais aussi l’ancien premier ministre belge Paul Van Zeeland (1893-1973), la princesse Juliana des Pays Bas (1909-2004) et des dizaines d’autres venues de différents horizons politiques, portèrent la cause européenne. Une vraie effervescence militante  amena la plupart des grandes formations politiques à se réunir sous des noms divers. On dénombre les Nouvelles Equipes internationales d’inspiration Démocrate chrétienne (Robert Schuman, Georges Bidault, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer), mais aussi le Conseil Français pour l’Europe Unie proche des socialistes, la très libérale ligue européenne de coopération économique et une myriade de groupes plus ou moins importants venant des milieux syndicaux, universitaires et économiques. Une grande diversité de mouvements qui contrastait avec la volonté d’unification. Il est vite apparu que cette diversité était en contradiction avec l’idée d’unité.

En novembre 1947, est crée un comité international de coordination des mouvements pour l’unité européenne qui doit s’engager dans un travail de sensibilisation. Pour marquer l’opinion, il est décidé d’organiser un congrès. Il fallait prouver à l’opinion européenne que le mouvement existait et était capable d’apporter des solutions concrètes aux différents gouvernements.

Dans une atmosphère enthousiaste se réunit au « Ridderzaal » à la Haye, plus de 800 personnalités de toutes tendances, près de 30 délégations (ou observateurs) d’Etats composés de parlementaires, d’industriels, de syndicalistes, d’hommes d’Eglise, de journalistes et d’Universitaires. Les travaux s’organisent autour de trois commissions : politique, économique et culturelle. Très vite, deux courants se dégagent. Les Unionistes qui défendent la souveraineté des Etats et les fédéralistes partisans de structures  qui peuvent s’imposer aux Etats. Cependant, ils posent les principes de ce que devrait être l’Europe Unie. Ils formulent une série de recommandations qui invitent à mettre en place une charte européenne des Droits de l’homme, une cour suprême de justice, une assemblée européenne et un centre européen de la culture. Le congrès de la Haye est un vrai succès médiatique

 Le 25 octobre 1948, le comité international de coordination se transforme en mouvement européen et commence un travail de longue haleine de sensibilisation par des conférences, des actions médiatiques et concentrera son action sur la création d’une assemblée européenne.

7-10 mai 1948, le congrès européen de la Haye propose de convoquer une assemblée européenne et de créer une cour de justice et une charte des droits de l’homme.

Cela aboutira au conseil de l’Europe. Crée le 5 mai 1949 (traité de Londres) dans l’euphorie du congrès de la Haye, il a pour mission de réaliser l’union la plus étroite possible entre les Etats européens. Ce conseil était composé d’un comité des ministres (composé des ministres des affaires étrangères des pays membres), d’une assemblée consultative (composé de membres désignés de parlements nationaux) et un secrétariat général permanent. Il ne sera jamais une entité politique, cependant il habituera les Européens à travailler ensemble, créera le drapeau européen et l’hymne européen. (Voir en annexe les pays membres)

En 1950, sera créée la convention européenne des droits de l’homme.

 

Christian Lambart


 

Winston Churchill (1874-1965). Officier britannique, journaliste,  député conservateur puis libéral, plusieurs fois ministre, dans les années 1930, il est conscient de la menace hitlérienne. Premier ministre le 10 mai 1940, il conduit  son pays à la victoire.  Battu aux élections en 1945, il dénonce la menace communiste  et devient un militant de la cause européenne.

Paul Van Zeeland fit partie de huit gouvernements. Premier ministre de 1935 à 1937.  Il dévalue le franc belge, et  il met en œuvre une politique sociale avancée en introduisant notamment la semaine de quarante heures. Il sera de 1949 à 1954. Il est ministre des Affaires étrangères de Belgique.

Publié dans Europe

Commenter cet article