e père Brisson et la Fondation des Oblats et Oblates de Saint-François de Sales.

Publié le par Christian Lambart

Le père Brisson et la Fondation des Oblats et Oblates de Saint-François de Sales.

 

Louis Brisson (23 juin 1817- 2 février 1908)

 

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Une enfance

 

Le père Brisson naquit au village de Plancy le 23 juin 1817 de Toussaint Brisson et de Savine Corrard de la Noue. La famille Brisson habitait rue de l’ancienne poste dans une vaste maison avec cour intérieure.

Il va à l’école du village, suit la classe de Claude Simard et le catéchisme de l’Abbé Mandrier, le curé de Plancy. Il fait sa première communion le 3ème dimanche de carême de 1829 et dira avoir senti l’Appel vers l’âge de 12 ans. Mgr Seguin des Hons lui donne la confirmation en juin de 1829.

A l’âge de 14 ans, Louis Brisson entre au Petit séminaire de Troyes. Les  débuts sont difficiles au collège. Cependant il montre vite des aptitudes pour les sciences naturelles, les  mathématiques,  la biologie,  la chimie et la physique. En octobre 1836, il entre au Grand Séminaire où il brillera par la qualité de ses études. Il souhaite devenir prêtre. Ce désir sera réalisé le 18 décembre 1840 et  reçût l’onction sacerdotale le 19 décembre dans la Chapelle du grand Séminaire de Châlons sur Marne des mains de Monseigneur de Prilly. Sa première messe sera donnée à Plancy le 22 décembre de la même année.

 

Une œuvre : un choix.

 

L’inspiratrice fut la Vénérable Marie de Sales-Chappuis (1793-1875), supérieure du monastère de la Visitation de Troyes, dont le père Brisson fut  le confesseur et l’Aumônier. En fait, le Père Brisson se familiarisa avec Saint-François de Sales et avec les principales familles de la région. Ce n’est qu’après de longues pressions et d’une altercation en 1845 avec la « Bonne mère » que le Père Brisson, suite à une vision, accepta de créer son œuvre.

 

 

L’association Saint-François de Sales

 

L’association de Saint-François de Sales est mise en place le 6 novembre 1857. L’Abbé Brisson en devient le directeur diocésain. Dans l’esprit des créateurs, l’association doit fonder une ligue des âmes croyantes sous le patronage de Saint-François de Sales. Les objectifs sont qualifiés en termes d’œuvres selon le vocabulaire ecclésiastique de cette époque. Quatre œuvres spéciales : Œuvre de zèle, œuvre de l’école des militaires, œuvre des missions et œuvre des patronages des jeunes ouvrières.  En 1858, à une époque où la révolution industrielle laissait la classe ouvrière dans une grande misère, il ouvre un abri pour les jeunes filles pauvres, puis, soutenu par Mgr Ravinet, il fonde un atelier et une maison de famille. Il obtient l’aide de quelques dames et on lui offre un hangar et du vieux mobiliers, rue des Terrasses.

En septembre 1863, il reçoit le soutien de Pie IX. L’Eglise ressent la nécessité de reconquérir la classe ouvrière.

La France du XIXe était devenue une terre de mission. La classe ouvrière était largement déchristianisée et le nombre des enfants non christianisés augmentent sans cesse. A Paris, par exemple, le nombre d’enfants non baptisés passent de 7% en 1865 à 38% en 1908. Les mariages non religieux suivent une courbe presque comparable. En 1849, un anonyme écrit : « La comédie est jouée. Les Pâques suivantes se passeront sans que ces enfants songent à vous donner beaucoup de peine. Une vingtaine reviendront au bout de l’an pour renouveler. Puis ce sera la fin, la fin tout de bon, la fin finale [1]  ».

De fait, l’Eglise était menacée par son attitude lors de la Révolution de 1848, mais aussi ses défaillances de l’action pastorale, son manque de prêtres et un certain retard dans la prise de conscience du paupérisme industriel et les conditions d’existence du monde ouvrier. En clair, la question sociale imposait un catholicisme social qui deviendra une réalité avec l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII. (Selon l’historien Jacques-Olivier  Boudon : « Léon XII met l’accent sur  la notion de juste salaire, il admet l’intervention de l’Etat en matière sociale et surtout il se résout à accepter les syndicats séparés  que réclamaient les catholiques sociaux avancés. Certes l’idéal d’une société corporatiste de type médiéval reste très présent, ne serait-ce que par de très nombreuses références au thomisme, mais l’encyclique se veut avant tout pragmatique, en proposant des réformes concrètes. Première véritable prise de position officielle du Vatican sur ce thème, l’encyclique Rerum Novarum eut une grande importance sur le développement du catholicisme ; elle a suscité l’essor d’un grand nombre d’œuvre, du syndicalisme chrétien, et a contribué à l’affirmation de la démocratie chrétienne[2] ».)

C’est Léon XIII qui approuve le 7 décembre 1887 les statuts provisoires de l’Institut des Oblats de Saint François de Sales et définitivement le 7 décembre 1897.

 

Des congrégations

 

Mais pour mener à bien  son entreprise, il lui fallait une congrégation capable de lui assurer un recrutement stable et dans l’esprit de Saint-François de Sales.  En 1865, il engage Mlles Léonie Aviat et Lucie Canuet qui l’aidèrent à la mise en place d’une congrégation des Oblates de Saint-François de Sales sous la conduite des sœurs de la Visitation. Il faut rappeler qu’à cette époque prolifèrent les congrégations féminines. On en compte environ 35  en 1820, 6 par an entre 1820 et 1860 et 3 entre 1860 et 1880. « Une formidable mobilisation de femmes avec des centaines de fondatrices, des milliers de sœurs (130000 en 1880) des millions de jeunes filles instruites et catéchisés, d’orphelins pris en charge, de malades et de vieillards soignés à l’ hôpital ou à domicile » (Gérard Cholvy). L’action du Père Brisson s’inscrit donc dans un large mouvement de reconquête chrétienne. 

Peu de temps après, c’est la fondation des Pères Oblats (1868). Pour la congrégation d’hommes, tout commence par la restauration de l’école libre Saint-Etienne. Il s’assura le concours d’un jeune prêtre, Julien Gilbert et commença avec 5 élèves dans une maison, rue des Terrasses. Grâce à l’appui financier de la baronne de Trousset et des monastères de la Visitation, l’école émigre dans une maison plus grande rue du Palais de justice et enfin on achète, le 4 juin 1869, le domaine de « Ma campagne ». Il s’agit d’un domaine de 5 hectares situé, rue de la Mission sur le territoire de la Commune de Saint André les Vergers. C’était, à l’origine, une ancienne dépendance de Montier la Celle et surtout un  lieu de plaisance des ouvriers de la Bonneterie. Ce lieu prendra le nom de SAINT-BERNARD. Le 1er octobre 1872, Mgr Ravinet accordera à l’établissement la reconnaissance canonique. Le Pape Léon XIII donna une première approbation le 7 décembre 1887. Celle-ci fut définitive le 7 décembre 1897

L’origine de l’Ecole Saint-Bernard de Troyes se confond donc avec les origines de la congrégation. Une fois installée dans le domaine de « Ma campagne », elle prit un essor rapide. Les deux premiers bacheliers de l’école furent reçus en 1874 et trente ans après, l’établissement comptabilisait près de 651 diplômés, dont 40 devinrent des disciples de Saint-François de Sales. Très rapidement, le collège se dédoubla et donna naissance au Petit Collège, ou Externat Saint-Bernard, transféré rue du Temple. Puis ce fut les fondations du collège Saint-François de Sales de Macon (1875), de l ’Ecole Sainte-Anne de Saint-Ouen(1879), de Saint-Sauveur de Morangis en Seine et Oise (1882), de Saint-Louis de Chaource (1889), du collège Saint-Germain d’Auxerre (1890), ainsi que plusieurs œuvres de jeunesse en diverses villes de France. Puis ce fut le tour des fondations dans le monde ; ainsi le Brésil, l’Equateur, la Grèce, l’Angleterre, en Autriche.

Le 20 mai 1890, Léon XIII approuvait la création des Oblates de Saint-François de Sales qui se développèrent aussi rapidement que la congrégation d’hommes.

 

Après les lois anticléricales, le père Brisson se retira à Plancy dans la maison de ses parents. Par contre les Oblates et les Oblats se retirèrent de France et concentrèrent leur énergie dans le monde. Aujourd’hui encore, la congrégation dispose d’une dimension internationale qui dépasse largement son influence en France. Cependant Troyes et le Collège Saint-Bernard restent et resteront le centre  historique, la source, de la CONGREGATION.

 

Christian Lambart

 

 

Sources :

 

P. Dufour, Les Oblats de Saint François de Sales, Paris, Letouzey, 1933, 160 p.

 

P. Dufour, Le très révérend Père Brisson, fondateur des Oblates et des Oblats de Saint François de Sales, Paris,  Desclée des Brouwer, 1936, 397 p.

 

Note d’entretiens avec quelques Pères Oblats du Lycée Saint-Bernard, le regretté Père Marc et le Père Lhonoré.

 

Madeleine Ambrière (Dir), Dictionnaire du XIXème siècle européen,  PUF, 1997

 

Gérard Cholvy, Christianisme et société en France au XIXe siècle, 1790-1914, 2001, 197 p.

 

HB 491 Supplément de LA CROIX et du PATRIOTE DE L’AUBE. Archives départementales de l’Aube)

Pour faire suite à certaine critique surprenante, on m’excusera de n’avoir pas rencontré le Père Brisson….

 

Source internet.

 

Le père Brisson

 

http://www.orthodoxeurope.org/catechism/000002.php#35

 

http://www.salesien.com/bosco/fdsales.htm

 

http://www.ville-troyes.fr/MAIRIE/liblocal/docs/PressTroyes/2003/Press3-N-110-Temps-retrouve.pdf#search=%22Ma%20campagne%20louis%20brisson%22

 

http://www.louisbrisson.org/

 

La mère Marie de Sale –Chapuis

 

http://moulins.visitation.free.fr/chappuis.htm

 

http://www.maisonchappuis.ch/french/mere/mereMessage_Brisson.htm

 

Saint-François de Sales

 

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/francoisdesales/index.htm

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Sales

 

http://nominis.cef.fr/contenus/saints_494.html

 

Lettre de Saint-François aux protestants

 

http://perso.orange.fr/thomiste/fsalesa.htm

 

 

Saint-Bernard

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux

 

Les Oblats de Saint-François de Sale

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oblats_de_Saint_Fran%C3%A7ois_de_Sales 

 

 

 

Le Lycée Saint-Michel d’Annecy

 

http://www.stmichel-annecy.org/pages/qui_sommes_nous.php

 

 



[1] Cité dans Gérard Cholvy, Christianisme et société en France au XIXe siècle, 1790-1914, 2001, 197 p.

 

 

[2] Madeleine Ambrière (Dir), Dictionnaire du XIXème siècle européen,  PUF, 1997

 

Publié dans Une passion l'Aube

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