La résistance dans l'Aube

Publié le par Christian Lambart

 A la fin de 1940, la Résistance est embryonnaire dans le département. Cependant des résistances individuelles se mirent en place. Il faudra attendre 1942 pour observer  une résistance organisée. Un premier réseau est mis en place est Hector. Celui-ci  existe déjà en octobre 1940, mais disparaît rapidement  suite à des arrestations. En juin 1941, c’est le mouvement Ceux de la Libération et Libération Nord (Fondée en novembre 1940) qui s’installe dans le département. Libération-Nord s’installa seulement en 1942 en Champagne méridionale sous l’impulsion du Rémois Guyot (Christian), délégué pour la région avant que Gabriel Thierry ne le remplace. Toutefois plusieurs réseaux s’organisent.

 A l’Automne 1942, les FTP étaient organisés et en août 1942 sous l’impulsion d’officiers anglais naissait  les Commandos M.(SOE). On note également l’existence du réseau Sanson d’André Dalit et Portailler. Les Francs-tireurs partisans, Ceux De La Libération et  l’antenne auboise du S.O.E s’affirmèrent. Progressivement, on assiste à une véritable tripartition des fonctions où chacun joua un rôle défini. Seul Libération-Nord resta en marge, possédant certes des dirigeants de qualité mais sans pouvoir prétendre posséder un réel soutien populaire.

Un homme a joué un rôle fondamental dans la genèse de la résistance auboise. Il s’agit de Georges Wauters. Cependant, il ne verra pas les efforts de son travail, car traqué par la Gestapo il s’enfuira en Angleterre pour revenir dans l’Aube à la Libération.

La majorité des fondateurs des mouvements ne verront pas la fin de leur action. Nombreuses furent les arrestations et les déportations. Dès l’origine, la pression de l’occupant et des forces de Vichy seront-elles que la Résistance auboise paieront un lourd tribut humain. Ainsi le martyre de la résistance auboise signifie largement l’importance de l’action de la résistance dans le département.

 

LA GENESE :  RESEAUX ET MOUVEMENTS

 

 

 

Le réseau Hector

 

 

Le lieutenant Wauters est  blessé au cours de la campagne de France et  rentre en zone occupée le 2 septembre 1940. Il fut contacté par un agent parisien de la France libre qui souhaitait des informations sur les mouvements de troupes ennemies dans le département de l’Aube. Il signe son engagement dans la France libre en octobre 1940. Il contacte Raymond Mayer, Fernand Hestin (anciens aviateurs), Férat garagiste à Mailly-le-Camp, André (ex commandant de DCA), Mathelin, Jean Potron (poste central de renseignements de la gare de Troyes, jean Solivellas (mairie de Troyes) et d’autres personnalités. C’est la naissance du réseau Hector. Ces hommes affrontèrent brièvement la concurrence d’un mouvement, l’Organisation Civile et Militaire (O.C.M.), crée en zone nord, à Paris, quelques mois après l’Armistice. Celui-ci fut fondé par le colonel Touny et Blocq-Mascart. A l’origine, il y avait la volonté d’en faire  un bloc d’inspiration militaire, avec nombre d’officiers issus des états-majors et divisés en cellules départementales.   Dans l’Aube, il est difficile  de préciser l’origine exacte de l’O.C.M. Plusieurs confusions ont été commises avec des réseaux de caractères similaires. Il est possible de citer  le réseau URANUS et le service de renseignements KLEBER-NORD.

 

 

Vers le CDLL

 

 

   Les mouvements souffrirent des cloisonnements insuffisamment respectés, ce qui provoqua des pertes significatives. A l’instar de Ceux de la Libération (C.D.L.L.) qui naquit de la destruction du groupe Hector en mars 1941, suite à l’arrestation d’un fils du colonel Heurteaux, repéré par la police, il ne put éviter d’être capturé. A partir de ce moment Wauters fut coupé de l’organe parisien et intégrera une autre formation. Quelques semaines de flottement se produisirent avant qu’ils ne parviennent à s’introduire parmi le mouvement Ceux de la Libération.

 

La résistance communiste

 

Après une période d’hésitation(du décret-loi Daladier du 26 septembre 1939 dissolvant le P.C.F.), le parti communiste se réorganisa. Dès les premiers mois de l’occupation allemande, en juillet 1940, Jean Baillet, responsable parisien du Parti communiste (secrétaire avant-guerre de la fédération Seine-ouest) reçut la mission d’assurer la coordination entre le Comité Central clandestin et les communistes de l’Aube. Il obtint une entrevue avec Maurice Romagon, secrétaire fédéral du P.C. départemental et ancien conseiller du 3ème arrondissement de Troyes (qui appréhendé en 1939, parvint à s’évader de la prison de Dijon en juin 1940). Une réunion se déroula alors le 5 septembre 1940, au lieu dit le château des Cours à Saint Julien les Villas, dans la proche agglomération troyenne. Les 9 participants appartenaient au P.C. : Maurice Romagon et son fils Pierre ; Eugène Killian ; Auguste Lienhardt ; Alphonse Schoenenberger ; Alfred Charles ; Jean Meyer ; Emile Afoufa et Alice Cuvilliers.

 

   Tous insistèrent sur l’accomplissement d’un projet comprenant trois dimensions prépondérantes : récupérer les armes abandonnées par l’armée française ; produire des tracts contre la politique du gouvernement de Vichy ; permettre la distribution la plus large possible de ces tracts. Sur le plan théorique s’établit parallèlement un Conseil Départemental de l’Aube de la Résistance Française , aux fonctions encore embryonnaires. Durant cette phase préparatoire, Maurice Romagon sollicita le concours d’André Parise de Romilly sur Seine (centre ouvrier dans la partie septentrionale auboise) pour élargir le champ territorial de l’activité. Ils se rencontrèrent au champ de tir de Romilly, aux Hauts Buissons, en présence d’un autre militant communiste de la cité romillonne, Raymond BALDET.

   Leurs activités se concentraient particulièrement sur les diffusions de documents, le détournement des affiches et des panneaux de propagande. Le système des liaisons reposait exclusivement sur les femmes et les jeunes filles. En mars 1941, dans la zone romillonne, Raymond Birer puis Marcel Bulard devinrent les deux principaux représentants locaux avec Lucien Roy et se placèrent sous l’égide de Bouheleir, chef de secteur. Une organisation constituée de triangle s’installe dans le département.

 

Les FTP(Francs Tireurs et Partisans).

 

Les FTP aubois sont opérationnelles à la fin de l’année 1942. Cela correspondait à l’échelle nationale à des principes nouveaux. Le Comité Militaire National substitua la lutte armée à la distribution de tracts. le Front National, orienté vers la propagande, se dota d’une branche militaire, les F.T.P. au cours du second semestre 1942 pour faire face aux exigences nouvelles. Utilisant initialement l’O.S., les F.T.P. souhaitaient accueillir tous les hommes, sans distinction politique ou confessionnelle.

 

Résistance-Fer

 

 

            Résistance-fer verra le jour au milieu de l’année 1943 lorsque Lucien Bourgeois  contacta le sous inspecteur Thierry et le sous chef de section Launay afin de mettre en place un comité de cheminots qui constituera l’origine de résistance –fer.

   La fonction était de donner des indications scrupuleuses sur les trafics ferroviaires ; provoquer les conditions favorables à l’exécution des sabotages (voies, matériels...). Toutes ces dispositions avaient déjà été prises précédemment par des entités isolées et Résistance-Fer se proposait de fusionner le potentiel humain pour garantir l’efficacité.  André Conin, Baudry, Blot, Panier, Guillaume entrèrent dans l’organisation. A l’origine, ce comité décida d’effectuer uniquement des actes illicites sur les wagons partant pour l’Allemagne.

   Puis Londres se résolut à tirer profit d’un réseau pouvant fournir des synthèses sur la direction et la contenance des convois ennemis, sur leur itinéraire et l’heure d’atteinte des différentes gares. De telles directives devaient à la fois faciliter les interventions aériennes alliées et limiter les pertes de la population civile résidant près des objectifs virtuellement exposés.

   Paul Duval, agent S.N.C.F. au 2ème arrondissement, s’employa à concrétiser ces ordres. Pour réaliser expressément cette mission, Marchand et Levault, contrôleurs au service des lignes téléphoniques aériennes, assistaient Duval, se souciant plus particulièrement des écoutes clandestines par branchements directs sur les câbles.

   Hughes Portailler, qui possédait un poste-émetteur-récepteur radio, recueillait tous les résultats, sous l’égide de Maurice Dalit. De fait, Résistance-Fer maintenait des complicités dans la presque totalité des gares champenoises (comme Charles Devaux à Bar sur Seine ou Louis Maillot à Romilly) et même dans quelques-unes des départements limitrophes.

   Mais à l’été 1943, le dispositif fut étêté. Gabriel Thierry, chef régional de Résistance-Fer, se réfugia à Paris où il continua à diriger à un niveau plus élevé. Au terme de débats internes, Pierre Bernard (Fluteau), inspecteur S.N.C.F. (agent technique de la surveillance générale de la gare de Troyes) lui succéda avec comme auxiliaire Paul Duval (Leloup).

   D’où la création en août 1943 du Comité de Résistance S.N.C.F. avec les deux personnalités citées peu avant auxquelles vinrent se greffer quatre Troyens : Marcel Aubin (Pillot), contrôleur technique adjoint ; Pierre Leveau (Diora), des services techniques ; René Chapouteau (Lagneau) ; Jean Fontaine (Tonneau), dessinateur.

   Une réunion du Comité de Résistance S.N.C.F. se déroula le 6 novembre 1943 pour entériner la naissance d’équipes de sabotage. Fluteau commandait, accompagné de Leloup et de Lagneau. Pillot s’occupait des secours éventuels pour lesquels un docteur fut pressenti. Dans tous les cas, Résistance-Fer sembla le premier agrégat résistant qui se dota d’un organisme collégial, à vocation délibérative quant à la prise de décisions.

 

 

 

 

 

 RESEAUX ET ACTIONS

 

 

L’Armée Secrète

 

 

l’A.S. se manifeste à partir du  Centre de Libération des Prisonniers de Guerre de Troyes (C.L.P.G.) indissoluble de l’environnement propre à l’Armée d’Armistice démobilisée. L’impulsion est donnée par le commandant Emile Alagiraude, à la tête du C.L.P.G. Il eut préalablement l’occasion d’offrir ses compétences à des prisonniers rapatriés et à des évadés, à qui il donna les pièces indispensables au franchissement de la ligne de démarcation.

   Ces agissements et l’attitude anti-allemande d’Alagiraude incitèrent Hoppenot à faire appel à lui en juillet 1943 afin qu’il se consacre exclusivement au ressort militaire. Hoppenot conservait les domaines civils et financiers, correspondant avec les organes de tutelle. De fait, il énonçait à Alagiraude (Roland) les instructions parisiennes, tout en rendant compte du travail afférent accompli. Les recrues appartenaient pour la plupart au Centre de Libération où s’établit un état-major avec l’adjudant-chef Unterwald, le capitaine Alexandre Bouguier, le sergent Henry, les adjudants Harand et Renard.

   D’autres sympathisants les augmentèrent : le capitaine Poirier, le lieutenant Jean Haversin, Lanez de Brienne le Château. Certains intégrèrent l’A.S. quoique appartenant déjà à d’autres organisations, essentiellement le B.O.A. A l’instar de Gérard Bernet de Mussy sur Seine, déjà lié a Louis Dege, au docteur Bell de Saint Julien les Villas et au notaire Gauthier des Riceys.

   Toutes les sensibilités sociales se trouvaient associées : comme Bardet de Ville sous la Ferté , l’inspecteur de police Hubert Danesini et le commissaire Bougard de Troyes, Jacques Jeanny et Jean Solivellas, Maurice Roussineau de Bar sur Seine, etc...Une analyse succincte permet de remarquer que la majorité de ces militants détenait une pratique des formes clandestines.

   Le 1er juillet 1943, ce rassemblement prit le nom d’Armée Secrète pour mettre en évidence son caractère à dominante militaire et exclure de ses activités toute préoccupation à connotation politique. Crée localement, il se dissociait complètement de l’Armée Secrète du général Delestraint, née en mars 1943 (agglomérant l’O.C.M., Libération-Nord...). Dans cette intention, l’A.S. auboise se voulait un simple prolongement du réseau C.D.L.L.-Action.

   Mais à cause de la complexité des connexions et de leur expansion continue, il fallut mettre directement en relation Roland avec les rares émissaires parisiens connus. A partir de cet instant, Hoppenot cessa de se rendre au C.L.P.G. où se situait pour des motifs de commodité le siège paramilitaire.

   Dès octobre 1943, une note fut élaborée au sujet de la composition interne de l’A.S. : elle acceptait tous les combattants de la Résistance qui gardaient leur autonomie politique et administrative. Un officier qualifié en principe et en fonction représenterait chaque mouvement à l’Etat-Major (E.M.) de l’A.S. Cet officier coopérant avec l’E.M. devait servir d’intermédiaire et recueillir les comptes-rendus demandés par l’E.M. de l’A.S.

   Pour concrétiser ces souhaits, la division du département en sous-secteurs intervint avec l’existence d’unités territoriales. En théorie, chaque sous-secteur relevait d’un officier secondé par un adjoint. Ils se chargeaient du recrutement pour le jour J, encadrant les volontaires et pourvoyant à leur instruction. On leur assignait la surveillance des villages, faisant la police sur la zone dévolue, tout en obéissant scrupuleusement à l’A.S. Un projet si ambitieux suivait amplement les injonctions du plan de mobilisation français de 1939-1940.

   Alagiraude se résolut à segmenter l’espace départemental en 7 sous-secteurs convergeant vers Troyes, ayant chacun pour axe les routes nationales y aboutissant. Un 8ème sous-secteur prit forme à l’intérieur même de l’agglomération troyenne qui se dota d’un statut spécifique relatif à son importance stratégique. Ainsi différents axes quadrillaient la région le département

 

secteur 1

Arcis sur Aube-Mailly le Camp

secteur 2

Piney-Brienne le Château

secteur 3

Lusigny-Vendeuvre sur Barse-Bar sur Aube

secteur 4

Bar sur Seine-Mussy sur Seine

secteur 5

Bouilly-Auxon-Ervy le Châtel

secteur 6

Estissac-Villeneuve l’Archevêque

secteur 7

Méry-Romilly-Nogent sur Seine

secteur 8

Troyes et son agglomération

 

 

De cette armée secrète émane surtout le maquis de Mussy-Grancey.

 

 

Entre le 6 juin 1944 et le 3 août 1944, le maquis de Mussy-Grancey voit son effectif augmenter considérablement : il passe d’une cinquantaine d’hommes à plus de mille.

Une étude statistique effectuée à l’occasion d’un mémoire de maîtrise a permis de dégager leur âge, ainsi que leur origine familiale, géographique et sociale :

-         Leur âge : (à partir de 847 cas)

·        Les 17 - 24 ans représentent 57 % de l’effectif total, parmi ceux-ci se trouvent notamment des réfractaires au STO.

·        Les 25 – 34 ans représentent 26,4 %.

·        Les 35-44 ans : 12%.

·        Les 45-57 ans, ainsi qu’un homme de 72 ans : 3,8 %.

L’âge moyen est de ­26,4 ans.

 

-         Leur situation familiale : (sur 839 cas)

·        60 % de ces hommes sont célibataires

·        38,5 % mariés

·        0,95% veufs

·        0,35% divorcés.

 

-         Leur origine géographique : (sur 809 cas)

·        34, 5 %  sont issus de quatre cantons du sud – est du département (Mussy – Sur – Seine, Bar – Sur – Seine, Les Riceys et Essoyes).

·        28, 2 % de l’agglomération troyenne.

·        19,4 % du reste du département de l’Aube.

·        1,36% du département de la Côte d’Or.

·        4,4 % de la région parisienne.

·        8,77% d’autres départements.

·        Enfin 3,33% sont étranger, en particulier des prisonniers de guerre Algériens et des Russes échappés de l’armée allemande.

 

-         Leur origine sociale : (sur 825 cas)

·        28, 6 % font partie du secteur primaire (dont environ 70 % d’agriculteurs, 20,7 % de bucherons ou charbonniers et 8,5 % de viticulteurs).

·        46, 8 % sont des ouvriers, des artisans - commerçants.

·        Plus de 21 %  sont des fonctionnaires et des employés de bureaux.

·        2, 5 % sont étudiants ou sans profession.

 

 

Plusieurs remarques s’imposent donc sur la composition de ce maquis : Les maquisards sont jeunes et par conséquent souvent célibataires. Ils sont originaires des environs proches et rarement du nord , du sud et de l’ouest du département où d’autres maquis sont fortement implantés (les Commandos M et les FTP). Enfin, les secteurs primaires et secondaires dominent largement.

 

Parachutages et sabotages

 

Le premier parachutage en zone occupée fut réalisé en février 1943 près de Nogent sur Seine avec 5 conteners et une radio. Les parachutages devinrent rapidement l’affaire des BOA. (Bureau des Opérations aériennes). Son action consistait à chercher des terrains et de les signaler à Londres avec un code clé qui lui était donné. Elle consistait également a créer des équipes de réception avec un responsable de secteur (balisage du terrain et réception des containers)Les messages étaient retransmis la veille ou le jour des parachutages sous l’appellation- « voici des messages personnels ». Il y eut des pertes importantes ce qui démontrent  l’acharnement de l’occupant à vouloir démanteler le B.O.A.

 

D’après les souvenirs de M. Mathieu : « L’Aube a reçu le 1er parachutage en zone occupée en février 1943, lieu dit « le clos » près de Nogent sur Seine. (5 containers et 1 agent radio)

 

Le message était : « le lièvre est un drapeau »

 

Le deuxième a eu lieu à Bar sur Aube en mars 1943 avec le code : « Juliette a mal au dent »

 

Puis ils se succédaient avec plus ou moins de bonheur jusqu’au jour de la libération, quelque message : »le Canada est un pays froid », « la perruche est verte », « le boudin est bon », « Ernest a trop bu ».

 

Ces messages n ‘étaient pas sans remuer profondément les équipes auxquelles ils étaient destinés. Les hommes sachant qu’ils allaient courir quelques risques au cours de la nuit suivant leur réception ».

Les principaux chefs cités sont Wauters Georges, chef régional.

 

Mahée Georges, Panas Jean, Solivellas Jean, Docteur Bell, Weyssière Maurice, Clavel Pierre,Guérin,Baudiot

 

 

Plusieurs terrains étaient répertoriés avec un nom de code. Ainsi on distingue en 1944: la Celle sur Ource, Gommeville, la ferme du beauregard,, la ferme réveillon, Cunfin, les Riceys, Grancey sur Ource, Les Noé-les Mallets.

Les opérations de sabotages efficaces n’étaient possibles qu’avec l’apport des parachutages. On peut citer l’explosion du dépôt de locomotive à Troyes-Preize dans la nuit du 2 au 3 juillet 1943. Treize machines furent mises hors d’état par une opération organisée par Gabriel Thierry. L’importance des actions démontrent l’importance de la Résistance auboise.

 

 

QUELQUES EXEMPLES

 

 

Les maquis s’organiseront à partir de l’automne 1942. Le premier maquis fut celui de Libération-Nord dans les bois des Grandes Chapelles en octobre 1943.Il fut dispersé par une attaque allemande en mars 1944 et se reconstitua à Montaigu sous les ordres Maurice Montenot. Au printemps 1944, on constate l’installation de maquis FTP sous les ordres de Pierre Ouy (Deglanne) dont le principal fut le maquis de Saint Mards en Othe qui subira un assaut allemand le 20 juin.

 

Les Commandos M

 

Le 6 juin, l’AS appelle ses hommes au maquis M. Ils s’installent au nord de Troyes, dans la région de Longsols sous les ordres de Maurice Dupont (Yvan). Les effectifs montèrent à 300 hommes environ.  Ils furent connus sous le nom de Commando M. Ceux-ci faisaient partie de la section française du S.O.E. C’est le « Spécial Opérations executive" organisé sur l’initiative de Churchill dès 1940. Primitivement crée pour atteindre au sol le potentiel économique et industriel de l’occupant. Le chef de la section française du S.O.E était le Major Maurice Buckmaster qui faisait partie de l’état-major du Général Koening en mai 1944. Ce Commando deviendra le 31ème bataillon du 106ème Régiment d’Infanterie.

Il existe dans l’Aube dès août 1942 sous le nom de réseau Buck Abélard et devient Commandos M avec l’arrivée du Commandant Yvan (oct. 1943). Le capitaine Yvan remplace le capitaine Mulsant qui doit s’isoler quelques temps. Malheureusement, il sera arrêté et déporté à Buchenwald.

Les tâches initiales sont de fonctionner comme un service de sécurité et de renseignements. Plusieurs services sont crées et s’ignorent les uns et les autres. On dénombre des services  sanitaire, de radio et des  sections de camouflage et de ravitaillement. Il dispose d’environ 350 hommes situés dans l’est du département. On peut citer Maurice Antoine, Duret, Raymond Saucey, Roze, Ropert et Lucien Debert à Lesmont. A Brevonnes, on trouve René Jaillant, Sulemy, Million, Charpentier, Gibert et Cavaert. A Brétigny, il y a Lejeune et Villehardouin ; tandis qu’à Dienville on remarque André Pont et Felix Gay. A partir du 1er juin 1944, les missions confiées seront d’occuper le nord et le nord-est du département. Cette occupation  sera complétée par un travail de harcèlement des convois de l’ennemi sur ses lignes de communications (sabotage des lignes de haute tension, d’écluses et routes). Parallèlement des tâches de réceptions de parachutage seront réalisées. A partir d’août, les Commandos M réaliseront des actions de harcèlement et de protection des ponts de passage sur l’aube. C’est ainsi que les troupes Américaines purent franchir l’Aube pratiquement sans combats et sans avoir à en assurer la sécurité. Aux veilles de la libération de Troyes, la plus grosse partie des Sections des Commandos M fait mouvement sur les points désignés, prenant position à Arcis, Ramerupt, Nogent sur Aube, Coclois, Brillecourt, Précy saint Martin…Alors que Troyes était déjà libéré, de violents combats s’engageaient notamment à Ramerupt et Nogent sur Aube les 30 et 31 août et les premiers jours de septembre.

Dans ces jours, des éléments mobiles des Commandos mobiles ratissaient les bois de part et d’autre de la rivière l’Aube, traquant les éléments ennemis qui s’y dissimulaient en vue d’un regroupement, ou d’actions sur les ponts utilisés par nos alliés, dont la garde fut assurée jusqu’au 4 septembre.

 

 

L’AS à Mussy-Grancey

 

Montcalm (commandant Alagiraude), chef des FFI départementales prit le maquis le 6 juin 1944 avec une cinquantaine d’hommes à Cunfin. Progressivement Montcalm a regroupé autour de lui, en mai 1944, dans la région de Bar sur Aube, plusieurs de  ses adjoints pour former le maquis de Mussy Grancey.

Le 6 juin 1944,  des groupes clandestins se sont implanté

Publié dans Une passion l'Aube

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